photo portrait de marie
à la rencontre de

Marie Dudt

Responsable en droits humains dans une entreprise d’agroforesterie, Marie conçoit et déploie des processus concrets pour identifier, prévenir et limiter les risques liés aux conditions de travail, à la santé, à la sécurité et aux droits humains au sein d'une entreprise agroforestière.

Dans ce Q&A, Marie revient sur son engagement de longue date pour les droits humains et sur la manière dont elle les applique aujourd’hui au monde de l’entreprise. Elle partage son goût pour les approches pragmatiques, ancrées dans le terrain, et l’importance de l’impact concret dans son métier. Elle évoque également ce que le coworking lui apporte au quotidien : un meilleur équilibre et une respiration dans le travail à distance et un environnement bienveillant.

Peux-tu te présenter et nous dire quelle est ton activité en quelques mots ?

Je m’appelle Marie et je suis responsable en droits humains dans une entreprise qui fait de l’agroforesterie. 

Ce que je fais, c’est que je m’assure que dans les opérations d’une entreprise, l’intégralité de ce qu’on fait est exempt de violations de droits humains. J’essaye de mettre en place des processus au niveau global, que je déploie ensuite opérationnellement auprès des équipes pour identifier les risques et les impacts potentiels négatifs. Une fois qu’on les a identifiés, on va essayer de les prévenir, de les mitiger ou de les compenser si jamais ils arrivent. 

Ca tourne beaucoup autour de sujets comme le travail des enfants, le travail forcé, les conditions de travail, de santé, de sécurité, les horaires minimum. Et ça s’applique à tous types d’entreprises. C’est un métier lié à des pressions réglementaires, des pressions de la société civile ou d’investisseurs. Et aujourd’hui, je mets ça en place dans une entreprise qui développe des projets agroforestiers, principalement dans des cultures cacaoyères et de café.

Raconte-nous un peu ce qui t’a amené à ce que tu fais aujourd’hui.

Ça fait hyper longtemps que je voulais faire du droit. Assez petite, j’avais déjà cette conscience de se dire que y’a des trucs qui sont pas normaux. J’avais un journal, qui s’appelait je crois Le Petit Journal, et j’y avais vu des enfants soldats. Je me souviens que ça m’avait vraiment marqué. Je me disais : “c’est pas normal, un enfant qui a mon âge…” et je me suis dit que je voulais faire quelque chose. Que j’allais faire du droit, des droits humains, même. 

J’ai gardé cette idée en tête pour mes études et j’ai commencé en droit, puis à mi-chemin entre la France et l’Angleterre, j’ai découvert que le droit des affaires me plaisait beaucoup. Et que ce segment des droits humains, appliqué au droit des affaires et à l’entreprise, c’était vraiment ce qui me plaisait. 

Il y a 15 ans, il n’y avait pas trop de professionnels sur ce sujet, c’était un peu spécifique. J’ai travaillé d’abord dans le conseil, pour accompagner les entreprises à décortiquer les premières législations, puis j’ai été auditrice sur des sites de production industrielle. Je faisais des audits pour regarder les conditions de travail, le respect de l’environnement, un peu partout en Europe et en Asie. 

Quelles sont les choses que tu préfères le plus au sein de ton activité ?

Franchement, c’est tout de suite l’impact. Avec aussi un côté un peu geek, j’aime bien le fait de créer des procédures. Avec mon expérience, j’ai été vraiment longtemps sur le terrain et ça m’a donné un côté pragmatique. Si je détecte du travail des enfants, et qu'il est systémique dans ce pays ou dans cette région, il faut qu'on trouve l'équilibre entre la réalité des opérations et la nécessité d'y trouver une solution.

Je suis aussi super bien dans mon travail depuis que je suis au cowork’. Mes métiers sont à Paris, dans les capitales, donc je suis super reconnaissante de pouvoir faire ça à distance. J’aime beaucoup pouvoir vivre à Strasbourg et faire ce métier-là.

Quel conseil principal tu donnerais à quelqu’un qui aimerait faire le même métier que toi ?

Je pense que passer par une phase de terrain, c'est vraiment enrichissant. Je recommanderai aussi de ne pas y aller tout de suite par une porte ultra spécialisée, parce que c’est très difficile. Si on en a la possibilité, faire des droits humains en action, aller se confronter au terrain, c'est vraiment l'opportunité de sentir, de voir la diversité des mondes humains.

J'ai régulièrement besoin de me confronter à nouveau à ce que ça veut dire, les droits humains de manière large, sortir mes pieds de ma moquette parisienne ou strasbourgeoise. C’est vraiment fondateur de faire d’abord un truc où t’es vraiment les pieds dans la terre, ancré avec des trucs vraiment différents. Et de voir un peu ce que ça veut dire les droits humains de manière large, je trouve ça hyper intéressant.

Qu’est-ce que ça t’apporte personnellement au quotidien de travailler dans un coworking, et pourquoi as-tu fait ce choix ?

Parce que j’étais en télétravail à la maison pendant quatre ans, et mon conjoint travaille aussi de la maison. Et ça a un côté ultra confortable, car tu te dis que tu es ultra efficace, tu prends ton petit déj’ devant l’ordi quand tu te lèves, mais je me suis rendue compte que c’était un faux sentiment d’efficacité. 

Avec le cowork’, j’ai redécouvert à quel point le fait de te forcer à faire des pauses, à parler avec des gens, ça m'a apaisée et que j’étais pas du tout moins efficace. Ca m’a donné une respiration parce qu’à la maison, je devais tout gérer, le travail, la bouffe du soir, la machine, ça ne s'arrêtait jamais. 

En termes de sociabilité c’est l’équilibre parfait, j’ai rencontré des gens hyper sympa, c’est cool, c’est chill, il y a une bonne ambiance. En arrivant à Station Seja, dès le premier jour, je me suis tout de suite sentie à l’aise, bien accueillie, avec bienveillance. Il n’y a aucun jugement, c’est vraiment un beau lieu, avec une belle énergie. Je sais que ce sont des termes galvaudés, mais ils prennent vraiment leur place ici !

Quels sont tes rêves professionnels ou personnels, objectifs ou projets qui te tiennent à coeur ?

Un temps, j’avais envie de reprendre une usine et de gérer un truc de A à Z. Mais bon maintenant, je me dis que j’aurais pas trop envie de créer des trucs, je préférerais réutiliser. 

J’ai un projet familial où on aimerait bien aller vivre un an ou deux au bord de la mer. On a vécu un an en Thaïlande, c’était vraiment cool, avant de rentrer à Strasbourg. C’était un beau projet et ça nous anime de repartir avec les enfants. Peut-être deux ans en Bretagne, puis après quelque part de plus exotique, quand ils seront grands pour qu’ils puissent être imprégnés par le souvenir et en profiter. 

A plus court terme, aménager notre nouvel appart’ ! C’est tout frais, il faut tout retaper, c’est trop cool.

Un livre, un podcast, un artiste, film ou créateur de contenu que tu aimerais nous recommander aujourd’hui ?

Je viens de commencer un bouquin qu’on m’a offert, qui est vraiment éclairant : Résister de Salomé Saqué. Je suis toujours un peu réticente à lire des trucs qui ne sont pas des romans parce j’adore lire des romans. Mais ça se lit bien, et c’est vraiment éclairant sur ce qui est en train de se passer aujourd’hui en France et en Europe. 

Mon autre truc du moment, c’est le Télétravailleur. C’est un créateur de contenu qui fait des vidéos sur le milieu du travail, il me fait mourir de rire. Il détourne tellement bien le monde du travail corporate, les anglicismes, notre manière de travailler où je me dis parfois que c’est vraiment n’importe quoi.

qr code du compte instagram du télétravailleur

Pour continuer à suivre son parcours, retrouve son activité, projets et actualités :