photo portrait d'anaïs, co-créatrice du coworking station seja
à la rencontre de

Anaïs Bironneau

Au fil d'un parcours mêlant langues, commerce et développement web, Anaïs est aujourd'hui co-gérante d'une agence web et du coworking Station Seja. De cette trajectoire, elle a gardé une approche très concrète du métier, faite d’exigence, d'opportunités saisies et d’un vrai sens du collectif.

Dans ce Q&A, elle raconte la création de son agence, son expérience dans l’entrepreneuriat et la naissance de Station Seja. Elle y partage sa vision du travail dans le digital : libre mais exigeant, indissociable de l'humain et de son environnement de travail, et nous partage aussi sa fierté et son épanouissement personnel.

Peux-tu te présenter et nous dire quelle est ton activité en quelques mots ?

Je m’appelle Anaïs et je suis co-gérante de Studio Seja depuis un peu plus de trois ans. C’est une agence de développement web, où on fait du site vitrine, de l’e-commerce et du développement sur mesure. Et plus particulièrement, moi je suis développeuse web de métier. 

J’assume aussi une deuxième casquette depuis bientôt un an, celle de co-gérante de Station Seja, qui est un coworking privé du secteur du digital. 

Raconte-nous un peu ce qui t’a amené à ce que tu fais aujourd’hui.

J’ai jamais trop su ce que je voulais faire quand j’étais plus jeune. J’ai sauté d’idée en idée, et il y avait bien à un moment donné une volonté, pourquoi pas, de se diriger vers un métier de l’informatique. Parce que j’étais un peu geek, mais de l’autre côté j’avais aussi une appétence pour les langues. Et j’ai décidé que le parcours avec lequel j’étais le plus familière, c’était les langues. J’ai fait ma fac d’anglais, je suis partie à Londres, peut-être pour devenir prof mais sans trop y croire, mais j’ai décroché en M1, après avoir déménagé à Strasbourg. J’avais une vraie perte de sens. C’était très intéressant d’apprendre des poèmes en vieil anglais à 8h du matin tous les lundis, mais je me disais : “qu’est-ce que je vais faire de ma vie avec ça ? Comment ça va me permettre d’avoir un métier ?”

Je suis partie travailler en tant que commerciale dans une assez grosse entreprise de livres et de produits culturels. J’ai fait ça 4 ans, c’était assez épuisant et je savais que je voulais pas faire carrière dans le commerce toute ma vie, même si ça m’a appris beaucoup de choses. Quand il a fallu réfléchir à une sortie de plan de reconversion, je suis revenue sur ce côté informatique / digital. J’ai fait mes recherches et je suis tombée sur le métier de développeur. Ça avait de bons débouchés, assez technique mais comme j’étais assez douée dans les études, ça avait l’air à ma portée. Ça a été très dur, j’ai vraiment mis tout mon être et une partie de ma santé mentale là-dedans pour que ça fonctionne et j'ai réussi. J’ai fait de très belles rencontres, dont mes trois associés actuels. J’avais deux agences web intéressées par mon profil, et on m’a débauchée avant même que je valide mon diplôme. 

J’ai fait une petite session dans le salariat qui n’a pas duré plus d’un an, et mes trois amis sont venus me chercher, et particulièrement Jordan qui nous a réuni, et qui nous a soumis l’idée de monter une agence web. Pendant nos études, on adorait travailler ensemble, on faisait souvent des projets et on avait une alchimie amicale, mais qui fonctionnait aussi dans le travail. J’étais un peu étonnée car l’entrepreneuriat c’était pas quelque chose auquel j’aurais pensé, car j’avais pas d’indépendant autour de moi. Mais la perspective de faire ce qu’on sait faire pour nos clients, à quatre, entre personnes de confiance, entre amis, c’était quelque chose qui se tentait. Et j’ai absolument bien fait de dire oui et de me lancer dans cette aventure il y a maintenant quasiment 4 ans.

photo portrait d'anaïs bironneauphoto d'anaïs bironneau devant le tableau qui représente les premiers résidents du coworking station seja

Quelles sont les choses que tu préfères le plus au sein de ton activité ?

La réponse que donne un peu tout le monde dans l’entrepreneuriat, c’est la liberté. Je suis d’accord avec ça dans le sens où c’est un vrai argument : gérer sa propre entreprise, la liberté de faire ce que tu veux comme t’as envie et d’en assumer ou non les risques. Mais je le tournerai plus autour des conditions de travail.

Le fait de ne pas avoir de pénibilité de travail, de pouvoir organiser mon temps comme je veux, je suis pas obligée de commencer à heure fixe et de finir à heure fixe. Si je veux, demain je peux prendre ma journée pour faire autre chose. Je peux travailler les week-ends pour rattraper ou m’avancer comme j’en ai envie. On peut difficilement faire ça dans le salariat. 

Je travaille aussi dans un super cadre, et le fait d’avoir créé le coworking ça contribue. Je m’estime excessivement chanceuse dans mes conditions de travail. C’est un plaisir de pouvoir aller au travail et ne pas avoir de boule au ventre ou d’anticipation désagréable. Je n’ai aussi aucun ennui, et ça c’était quelque chose qui pouvait me peser dans le salariat. J’ai aucune perte de sens, je sais pourquoi je me lève tous les matins, et chaque journée ne ressemble jamais à la précédente. 

Le fait aussi de travailler avec trois personnes de confiance, avec lesquelles je m’entends archi bien et dans la manière qu’on a d’être complémentaires, je suis 100% épanouie.

Quel conseil principal donnerais-tu à quelqu’un qui aimerait se lancer à son compte ou simplement qui aimerait se lancer dans ton activité ?

Je préviendrais cette personne de la charge de travail qui l’attend. C’est quelque chose que pas mal de personnes ne se rendent pas compte, mais faire ton métier en tant qu’entrepreneur·e et faire ton métier dans le salariat, ça n’a absolument rien à voir. C’est une grosse charge de travail qui s’accompagne d’une charge mentale, parce que mine de rien tout repose sur tes épaules. Toi seul·e, ou toi avec tes associés si t’en as, est responsable de gagner ta vie et de faire en sorte que ton entreprise fonctionne. 

Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, il y a des personnes qui, quand elles se lancent, ont déjà un carnet d’adresses, des clients, ou certaines aisances qui font qu’ils s’en sortent sans trop de peine. Et t’en as d’autres pour qui ça va être plus compliqué et c’est du travail et de l’investissement à mettre. Je dis pas ça pour faire peur, et je pense que tout le monde peut y arriver, mais faut vraiment avoir la motivation, faut se dire que ça va être méga dur mais je vais y arriver. Faut pas se laisser porter par le train de vie entrepreneurial qu’on peut trouver sur les réseaux, qui parlent de pouvoir bosser seulement quelques heures et être genre digital nomade. Je pense que ce train de vie là, ça concerne qu’une minorité de personnes. Mais si tu te lances pour les bonnes raisons et que tu te donnes à fond, les aspects positifs peuvent absolument valoir le coup. 

Et pour quelqu’un qui aimerait devenir développeur·se, je lui dirais de ne pas se reposer sur ses lauriers. Ne pas se contenter d’être juste un·e bon·ne développeur·se, mais essayer de travailler sa manière de se vendre auprès des entreprises, travailler l’aspect social et s’intéresser à ce qu’il y a autour. Avoir une bonne connaissance d’un projet, des bonnes pratiques UX, du référencement, etc.

Qu’est-ce que ça t’apporte personnellement au quotidien de travailler dans un coworking, et pourquoi as-tu fait ce choix de créer cet espace avec Studio Seja ?

Ça a commencé quand, avec Studio Seja, on a été hébergé dans une pépinière d’entreprises pendant un an. On avait nos propres bureaux au sein d’un endroit qui était partagé avec plein d’autres boîtes et indépendants. Ca a été très cool de se lier d’amitié, de se créer un réseau, de participer à des ateliers… Et à l'issue de ça, on s’est retrouvés avec un choix : soit on reprend un bureau pour nous, soit on repasse en télétravail en se retrouvant dans des cafés, etc. 

Puis finalement, en rencontrant pas mal de monde autour de nous, avec des rencontres qu’on a fait dans des coworkings ou ailleurs, l’idée a germé de reprendre des locaux mais plus grands, et d’y bosser avec les indépendants qui étaient devenus nos partenaires. C’est comme ça qu’a pris forme cette idée de coworking privé.

Et c’est trop cool et ça m’apporte beaucoup : le fait de venir au coworking tous les matins, croiser des gens que j’adore et qui sont brillants dans leur métier, pouvoir échanger avec eux, c’est comme avoir plus de collègues de travail, c’est génial. C’est aussi trop cool de pouvoir bosser sur des projets communs parce que forcément, si on réunit des personnes ensemble, c’est comme mutualiser un réseau. Les gens vont se recommander à leurs clients, vont créer pourquoi pas des offres communes ou des partenariats et c’est exactement ce qui se passe à Station Seja. J’en suis très contente et j’en suis très fière. 

photo d'un petit déjeuner du rendez-vous des ambitieusesphoto d'anaïs bironneau lors d'un événement de don du sang

Quels sont tes rêves professionnels, objectifs ou projets que tu aimerais développer ?

La première, ce serait qu’avec Studio Seja on arrive à se dégager assez de temps pour développer nos propres solutions. C’est la raison pour laquelle on a monté l’agence : en contrepartie de faire de la prestation et des projets clients, de pouvoir développer nos propres applications et solutions. Déjà parce que ça nous fait kiffer en tant que développeur, et professionnellement ça a une énorme valeur d’avoir créé une solution, une réponse à une problématique qu’on a observée.

Et en second, un peu plus personnel mais tout aussi important, ce serait de transmettre et enseigner mon métier. Pas nécessairement en donnant des cours, mais plutôt en accompagnant un ou plusieurs stagiaires ou un·e alternant·e pour pouvoir leur apprendre plein de choses. C’est quelque chose que j’ai toujours pris du plaisir à faire et ce serait très cool à moyen terme.

Un livre, un podcast, un artiste, film ou créateur de contenu que tu aimerais nous recommander aujourd’hui ?

Je sais pas si j’ai spécifiquement quelque chose à conseiller, ou alors j’aurais mille livres et films préférés, mais je vais dire World of Warcraft. Je suis une assez grande fan de jeux vidéos, je passe quand même un certain pourcentage de mon temps libre à ça. Et ça doit bien faire, 10 ou 15 ans que je joue à WoW. Je m’en suis jamais lassée, et je conseille à tous ceux qui aiment les jeux vidéos de tester à un moment donné. C’est un jeu très riche, avec une histoire incroyable et c’est probablement le MMORPG le plus complet. Personne ne peut s’asseoir à la table de World of Warcraft et lui dire “je suis un meilleur MMORPG que toi”.

En jeu solo, je conseille aussi la trilogie de Mass Effect qui est juste incroyable.

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