Peux-tu te présenter et nous dire quelle est ton activité en quelques mots ?
Moi c’est Dounia, et j’ai deux activités. Je suis photographe image de marque et évènementiel, aussi bien pour les pros que pour les particuliers. Et je suis également community manager et social manager pour les entreprises dans le secteur évènementiel.
Raconte-nous un peu ce qui t’a amené à ce que tu fais aujourd’hui.
J’ai un parcours un peu classique de type commercial / communication marketing. J’ai fait un bachelor anglophone, très tourné vers l’international, et ensuite un master Expert(e) Stratégie Digitale.
Dans ma tête, je pensais rejoindre un grand groupe international et être cheffe de projet. L’entrepreneuriat c’était vraiment pas une option pour moi à ce moment-là, sauf qu’il s’avère que la vie décide des fois pour toi.
J’étais chargée de projet dans une start-up gaming, et comme ça commençait à ne plus très bien se passer et que j’avais aussi le projet de déménager en Alsace, j’ai commencé en février 2024 à chercher un autre poste dans mes compétences. Et en 1 an j’ai rien trouvé, pas un entretien, pas une réponse positive à mon CV. Ça se passait de moins en moins bien dans la boîte, jusqu’à ce que je fasse un burn-out. Les consignes du médecin étaient “tu restes enfermée chez toi, tu n’allumes pas ton téléphone, tu n’allumes pas ton ordi et tu fais que dormir”. J’étais une petite larve dans mon lit à culpabiliser, et de là mon compagnon qui me voit, m’entend dire que je suis une merde, me dit “mais t’es pleine de compétences, lance ta boîte !”.
Je commence l’aventure et je vois ça un peu comme une mission de jeu vidéo : j’ai deux ans de chômage pour essayer de lancer ma boîte. J’ai mes deux premiers clients, une association pour les enfants handicapés et orphelins au Maroc, et une agence de voyage en Algérie qui me demande de venir faire des photos. Matin, midi et soir, appareil photo à la main, je retrouve à prendre des photos, et ça je l’avais jamais vécu d’un point de vue professionnel.
Je suis photographe depuis que j’ai 16 ans, avec mes toutes petites caméras à prendre des petits clichés, avec l’impression d’être une poète à m’exprimer à travers ça. Et finalement c’est une révélation, et je me dis que si je pouvais mourir une caméra à la main, je serais la plus heureuse du monde. J’ai cherché ma place dans la photo, car j’aime beaucoup l’univers business, pro, les portraits, mais aussi l’évènementiel avec une histoire, des émotions, et des regards assez spécifiques.
Ça fait maintenant 8 mois et maintenant il n’y a plus de notion de “deux ans”. Si je peux faire ça les 15 prochaines années de ma vie, je serais fière de moi.
J’ai aussi une troisième activité, mais dont je parle moins, c’est celle de créatrice de contenu sur les réseaux sociaux, autour de l’apprentissage des langues et du dialecte d’origine qu’on peut avoir, avec notamment une communauté d’enfants d’Algériens issus de la diaspora.

Quelles sont les choses que tu préfères le plus au sein de ton activité ?
J’ai un travail où je dois mettre les gens en valeur, que ce soit avec la photo ou la communication, et je pense que c’est ça que je préfère. Typiquement, le dernier client que j’ai eu en comm’, c’était sur des sujets industriels. Ce sont pas des trucs qu’on a tendance à trouver sexy, et pourtant j’ai découvert un secteur où les gens sont passionnés.
Ce qui me plaît le plus, c’est de mettre en valeur ces personnes qui ont tendance à s’effacer, c’est encore plus le cas dans la photo. Mettre en avant les femmes à qui on a toujours appris à rester à leur place, alors qu’elles sont cheffes d’entreprise. Déconstruire aussi certaines choses, en prenant le temps par exemple, parce que quelqu’un est en train de pleurer parce qu’elle s’est autorisée à se prendre en photo. Ce sont ces moments que je trouve hyper touchants.
Et dans l’évènementiel, c’est de jouer sur l’émotion des gens, comme dans les mariages, typiquement. Les gens peuvent me dire “écoute, tu n’aurais peut-être pas de jolies photos de mes parents parce qu’ils sont très pudiques, ils ne montrent pas leurs émotions”. Et finalement j’arrive à avoir la maman qui regarde son fils avec un regard de fierté, je la prends en photo, et le marié finit limite en larmes parce qu’il n’a jamais vu sa mère comme ça.

Quel conseil principal donnerais-tu à quelqu’un qui aimerait se lancer à son compte ?
Dans toutes les choses de la vie, quelle que soit l’orientation scolaire ou le métier que l’on veut faire, je conseille de s’entourer. Aller dans des événements dédiés à l’entrepreneuriat, même si on est encore qu’à l’école, ou encore salarié(e), juste pour s’intéresser, rencontrer des gens et leur poser des questions sur la réalité des choses.
Bien s’entourer, c’est la première chose que j’ai cherché à faire quand je suis arrivée ici. Je me suis dit que toute seule, je tiendrais pas, et j’avais pour objectif de trouver un réseau. J’ai découvert le Rendez-vous des Ambitieuses, et j’ai trouvé un lieu où je pouvais me poser.
Je dirais à n’importe qui qui veut se lancer de tester, mais par contre il faut faire attention à la chute du piédestal, parce que beaucoup de gens se font une idée de l’entrepreneuriat où ils vont se faire beaucoup d’argent très vite. Alors que le salaire médian des entrepreneurs est autour des 600-800 euros. Donc faut se dire qu’on va faire les choses correctement, on va construire quelque chose qui va durer tout au long de sa vie.
Qu’est-ce que ça t’apporte personnellement au quotidien de travailler dans un coworking, et pourquoi as-tu fait ce choix ?
Au-delà du fait que je suis contente d’avoir des gens autour de moi, j’ai une personnalité qui fait que j’ai besoin d’énormément d'encadrement. J’ai un bureau chez moi, mais je vois la différence de productivité quand je viens à la Station Seja, comparé à la maison. C’est cool de travailler de chez soi, tu mets ta musique à fond, mais tu peux vite te déconcentrer ou t’éparpiller. Il y a des tâches que je peux faire que quand je suis au coworking. Les tâches longues ou administratives, quand il faut me poser sur ma stratégie, par exemple.

Quels sont tes rêves professionnels, objectifs ou projets que tu aimerais développer ?
En premier, ce serait d’organiser un workshop pour les photographes pro et événementiel en France. Prendre une baraque pendant 3 jours et on travaille tous autour de la photo.
Le deuxième, ce serait de créer un lieu à Strasbourg dédié à la création de contenu et à la photo. Parce que typiquement, quand je cherchais quelque chose comme ça, je trouvais pas de modèle similaire à ce que je peux connaître à Lyon ou à Marseille.
Un livre, un podcast, un artiste, film ou créateur de contenu que tu aimerais nous recommander aujourd’hui ?
Je sais pas si ce sera très original, mais je vais dire Undertale, car c’est pour moi l’un des meilleurs jeux vidéo ! On parle d’un petit dév, qui a fait son kiff tout seul, et le jeu est devenu populaire, parce qu’il a réussi à instaurer une nouveauté dans le secteur du gaming. J’aime trop les jeux avec de l’histoire, où tu t’attaches aux personnages, avec des retournements de situation, et j’aime trop le pixel art.






